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JeanPierre and Sylviane speech (Agnes's parents, in French)
Jean-Pierre dit :
J'étais encore étudiant quand j'ai épousé Sylviane fin 1968. J'étais très amoureux et l'hiver était froid, ce qui devait arriver arriva, Agnès est née juste le temps de la gestation après notre nuit de noces. C'est donc Sylviane qui a fait " bouillir la marmite " de notre jeune couple avec son seul salaire de secrétaire intérimaire. Je n'ai touché mon premier salaire qu'après la naissance de notre deuxième enfant Claire. Sans doute me suis-je donc occupé du bébé Agnès un peu plus que des suivants.
Les parents de Sylviane m'avaient dit à l'époque, que dans la tradition africaine, c'est une chance dans une famille nom
breuse d'avoir une fille comme aînée car celle-ci s'occupe mieux des autres frères et sœurs, davantage que lorsqu'il s'agit d'un garçon aîné. Je ne savais pas à quel point par la suite cette observation aller se révéler fortement.
Agnès allait très vite prendre en main son destin de leader dans la bande des 4. C'est elle qui organise les jeux avec une imagination débordante et un entrain irrésistible. Quand elle donne à chacun une simple baguette de bois en décrétant qu'il s'agit de son cheval, chacun enfourche sa baguette pour galoper à sa suite sans aucune hésitation. On y attache une ficelle qui devient licol, on la fait paître dans l'herbe et des hennissements joyeux accompagnent la troupe. C'est avec émotion que le soir, Sylviane et moi, après avoir couché tout ce petit monde, nous découvrions 4 bouts de bois, rangés verticalement contre un arbre tenus par un lien pour les maintenir droits. Alors nous aussi savions que John Wayne n'était pas loin derrière dans le saloon.
Son tempérament de leader pour son entourage, Agnès le porta à l'école. Je me souviens qu'un autobus entier d'une classe terminale a débarqué dans notre maison de campagne pour un week-end prolongé de 4 jours … C'était bien sûr la classe d'Agnès qui venait fêter ses 16 ans …
Pendant toute la période où la bande des 4 était en âge d'étudier, je recevais souvent des félicitations pour leur réussite scolaire mais je n'y étais vraiment pour rien : en réalité la réussite d'Agnès, leur leader servait d'exemple.
Agnès avait le don (et je pense qu'elle l'a toujours) de rêver et de donner corps à ses rêves et surtout celui de faire partager ses rêves à ses proches. Tous nous aimons rêver d'un monde fait de grands espaces, de soleil et de joie mais il est plus difficile de lui donner une réalité qui dépasse la durée des vacances. Et ce qui est encore plus difficile c'est de faire en sorte que notre prochain vive les mêmes émotions.
Apparemment Agnès continue de rêver et ses frères et sœurs aussi. Ce qui fait que leur réussite scolaire ne les mène pas semble-t-il sur les chemins d'une carrière professionnelle réussie, selon le sens classique et le plus commun du terme.
Mais ne vous y trompez pas, plus sûrement qu'avec un compte en banque bien garni, ils vous ramèneront à bon port, en bon état, peut être seulement aurez-vous un peu maigri mais vous aurez vécu de merveilleux moments face à un coucher de soleil sur la mer, près d'un feu de bois, le regard dans les étoiles.
Sylviane dit :
Jean-Pierre a, je crois, très bien su exprimer le dynamisme et la vitalité de notre Agnès et son goût du partage, son ouverture d'esprit. Je ne saurais vous dire combien sans quitter le Sud-Ouest de la France, elle nous a fait voyager et rencontrer des gens de toute la terre, et ressentir la fraternité qui peut lier les hommes et les femmes malgré la diversité des langues et des coutumes.
Björn je ne vous connais pas encore beaucoup, mais en lisant votre dernier journal de voyage j'ai ressenti votre amour l'un pour l'autre et votre complicité.
Je vous souhaite de poursuivre une longue route ensemble avec amour, enthousiasme et courage
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